Dialogue du Ubuntu Community Hub : faire de la deuxième décennie une période de changement

Le 24 juin 2026, des membres de la communauté, des militants, des leaders et des jeunes se sont réunis au sein du Centre communautaire Ubuntu pour un dialogue axé sur une question cruciale : comment les communautés noires peuvent-elles donner du sens à la Deuxième Décennie internationale des personnes d’ascendance africaine ?

Organisé par l’Association jamaïco-canadienne en partenariat avec le Réseau pour l’avancement des communautés noires (NABC) et le Collectif afro-canadien (ACC), ce dialogue a permis de réfléchir aux priorités de la Deuxième Décennie internationale des personnes d’ascendance africaine, qui s’étend de 2025 à 2034.

La conversation a souligné que des progrès significatifs nécessiteront plus que des engagements internationaux. Il faudra une collaboration renforcée, un leadership communautaire accru, la participation des jeunes et des actions concrètes au sein de l’écosystème des communautés noires du Canada.

Transformer la reconnaissance en actions

La Deuxième Décennie internationale des personnes d’ascendance africaine s’appuie sur les thèmes de la reconnaissance, de la justice et du développement, tout en mettant davantage l’accent sur l’accélération des actions visant à lutter contre les inégalités raciales et le racisme systémique.

Les participants ont discuté de l’importance de dépasser la simple reconnaissance des défis historiques et actuels pour s’engager dans un changement concret. Parmi les priorités figurent la promotion des droits humains, le renforcement de la participation à la prise de décision, l’amélioration de l’accès aux opportunités économiques et éducatives, la préservation du patrimoine culturel et une plus grande responsabilisation.

Le dialogue a également porté sur les développements au sein de l’Instance permanente des personnes d’ascendance africaine des Nations Unies, notamment les discussions relatives à la justice réparatrice, aux effets persistants de l’esclavage et du colonialisme, ainsi qu’aux inégalités structurelles qui continuent d’affecter les personnes d’ascendance africaine.

Collaboration au sein de l’écosystème de la communauté noire

Un message central du dialogue a été la nécessité d’une collaboration accrue entre les organisations, les groupes communautaires, les institutions et les partenaires dirigés par des personnes noires.

Les participants ont reconnu que les organisations peuvent parfois fonctionner de manière isolée ou se disputer des ressources et des opportunités limitées. Passer de relations transactionnelles à des partenariats transformationnels a été identifié comme une étape importante pour créer des solutions collectives plus efficaces.

Collaborer ne signifie pas que chaque organisation doit avoir les mêmes priorités ou la même approche. Il s’agit plutôt d’identifier des objectifs communs et de trouver des moyens de combiner les connaissances, les ressources, les relations et l’expertise pour relever les défis qui affectent plus largement les communautés noires.

La discussion a mis en lumière des exemples de partenariats entre organisations communautaires, institutions et gouvernements, tout en reconnaissant que l’établissement d’une collaboration significative demeure un défi permanent.

Renforcer les organisations dirigées par des personnes noires

Des organisations communautaires fortes sont essentielles pour promouvoir l’équité et lever les obstacles systémiques.

Le dialogue a souligné l’importance de reconnaître les atouts déjà présents au sein des communautés noires et de renforcer l’écosystème noir dans son ensemble. Cela implique d’investir dans les organisations dirigées par des personnes noires et de créer les conditions qui leur permettent de développer des capacités durables et de participer activement aux processus d’élaboration des politiques et de prise de décision.

Renforcer les organisations signifie également créer des liens plus étroits entre les groupes communautaires, les gouvernements, les entreprises, le milieu universitaire et d’autres institutions. Lorsque ces relations sont fondées sur des objectifs communs plutôt que sur des transactions à court terme, elles peuvent créer des voies de changement plus durables.

Le leadership des jeunes doit être une priorité aujourd’hui

Le leadership des jeunes est apparu comme un autre thème important du dialogue.

Les participants ont souligné que les jeunes ne doivent pas être considérés uniquement comme les futurs dirigeants. Ils sont des dirigeants aujourd’hui, et leurs voix, leurs expériences et leurs perspectives doivent être prises en compte dès maintenant dans les processus décisionnels.

Créer des voies concrètes pour la participation des jeunes demeure une lacune importante. Pour y remédier, il faudra multiplier les occasions pour les jeunes de contribuer aux organismes communautaires, aux discussions politiques, aux initiatives de défense des droits et aux autres plateformes où se prennent les décisions qui affectent leur avenir.

Le leadership intergénérationnel peut également contribuer à assurer la continuité des connaissances et de l’expérience des leaders communautaires établis avec les idées et les perspectives des jeunes générations.

Construire une vision commune pour la décennie

La deuxième Décennie internationale des personnes d’ascendance africaine offre un cadre important, mais son succès dépendra en fin de compte des actions entreprises aux échelons communautaire, national et institutionnel.

Pour les Canadiens noirs, cela signifie traduire les engagements généraux en actions concrètes sur des enjeux tels que l’antiracisme, l’éducation, l’emploi, la santé, l’entrepreneuriat, la préservation culturelle et la représentation dans la prise de décision.

Cela signifie également soutenir la recherche et la collecte de données qui peuvent aider les communautés à comprendre les disparités, à mesurer les progrès et à demander des comptes aux institutions.

La Communauté UbuntuLe dialogue organisé par Unity Hub a mis en lumière le rôle que peuvent jouer les leaders et les organisations de la communauté noire du Canada dans cette démarche : renforcer le plaidoyer, nouer des partenariats, soutenir le leadership des jeunes et relier les initiatives locales à des efforts nationaux et internationaux de plus grande envergure.

Donner tout son sens à la deuxième Décennie

La question au cœur de ce dialogue est, en fin de compte, une question de responsabilité collective.

La deuxième Décennie internationale des personnes d’ascendance africaine offre l’occasion de tirer parti des leçons du passé tout en jetant des bases plus solides pour les générations futures. Toutefois, pour réaliser des progrès significatifs, les communautés et les institutions devront passer de la discussion à l’action concertée.

Pour les organisations dirigées par des personnes noires à travers le Canada, la collaboration peut aider à transformer les efforts individuels en un impact collectif. Pour les gouvernements et autres institutions, un engagement véritable exige d’être à l’écoute des communautés et de soutenir les organisations qui accomplissent déjà ce travail.

Quant aux jeunes, cette décennie leur donne l’occasion de jouer un rôle actif dans le façonnement de l’avenir, plutôt que d’attendre simplement qu’il advienne.

Donner tout son sens à la deuxième Décennie signifie traduire la reconnaissance en actes, tisser des liens plus solides au sein de l’écosystème des communautés noires, investir dans les organisations dirigées par des personnes noires et veiller à ce que chaque génération joue un rôle significatif dans la création d’un Canada plus équitable.